Halte au désespoir ! Halte au tourner en rond !
ALGERIE : Le 5 Octobre 88 et après... 20 ans déjà !
La misère guette toujours de s'installer, voire de s'amplifier pour l'éternité. La crise ne s'estompe pas, le pays ne décolle toujours pas. Une angoisse pernicieuse et omniprésente questionne chaque moment quant au sort commun!
Il y a 20 ans, les jeunes algériens sont sortis dans les rues revendiquer paisiblement la démocratie. Le contexte mondial s'y prêtait et la situation interne était catastrophique. La révolte a cogné aux portes du prince qui se cloîtrait dans une criarde impopularité. Et cette sédition a été payée de sacrifices dont la torture macabre qui ne se dégrave jamais des mémoires. Chadli est, de part la durée de son règne : 10 ans, qui a connu le plus d'intrigues de palais et de révoltes sur le macadam.

Depuis décembre 1990, après l'éviction de ce bidasse à la tête de choux blanc, les responsables se succèdent sans apporter l'orientation qui liera le pays au rêve qui tient à c?ur ses enfants. Le black-out se perpétue et peu de changements augurent le destin auquel aspire la population.
L'islamisme préconisé, c'est-à-dire soutenu dans son importation d'orient, en l'arlésienne qui laverait le nationalisme de toutes ses dérivations de la guerre de libération et celles de son dirigisme, dépouille définitivement la sensibilité musulmane, de la majorité des algériens, de son caractère privé, et engendre d'ailleurs la dérive de la voie radieuse, tant redoutée voire la faillite. Sans relâche il convoite le pouvoir par, d'une part, les armes sanguinaires et, d'autre, la paix du passage par les urnes qui explosent sous le poids des scrutins qu'il engrange à chaque vote. La méthode violente l'attire davantage, parce qu'il réfuterait de se faire substituer le jour il accède à la direction du pays. Et celle des urnes, elle lui est une simple formalité pour instaurer définitivement la théocratie indécrottable.
Les autres perspectives sont mises en échec, entravées par moult man?uvres. L'avenir est Imperfectible, tout projet de société rationnel est occulté. Une propagande mortifiante le traite d'exogène à la personnalité algérienne. La bourgeoisie compradore qui s'est historiquement illustrée par l'accaparement des institutions pour faire main basse sur les richesses, y va de toutes ses armes pour l'handicaper. Dans le « tourner en rond », on ne fait pas mieux qu'en Algérie.
L'alternance est renvoyée aux calendres grecques. Le système refuse de renouveler, mobiliser de larges couches éclairées, les forces vives du pays qui somnolent encore sous les anesthésies qu'on lui a appliqué aux moments de toutes les castrations et qu'on continue de lui faire subir. Toute forme de contrepouvoir crédibles est soi criblée par les balles assassines ou égorgée par les « khinjars », sinon sommée de s'exiler au Québec ou sous d'autres cieux plus cléments. Intellectuels, médias, artistes, créateurs et autres empêcheurs de tourner en rond ne figurent plus dans le répertoire des remises en cause, bien sûr sauf ceux qui se sont casés dans le giron régnant qui s'accommode de les nourrir.
La presse autonome où beaucoup d'espoirs ont été placés, pouvant influencer à l'amélioration qui est née après cette date historique à l'origine du pluralisme, s'est endiguée dans la sauvegarde des acquis qu'elle a décrochés depuis octobre 88. Elle est devenue un appareil farouchement ancré à droite, en termes d'entreprises privées lancées dans l'accumulation des capitaux sans se préoccuper de sa mission morale d'éclairage envers la société.
Parmi cette presse, sans être l'organe officiel des communistes, Alger Républicain qui depuis sa naissance en 1937 entre les mains des socialistes puis acquis par les communistes d'Algérie a survécu dans les aléas d'une aventure intellectuelle de confection, d'écriture et de diffusion à la sauvette du fait qu'il a été suspendu à plusieurs reprises et pendant de longues périodes. Durant sa longue marche, il n'a jamais été une entreprise commerciale au sens où se voient aujourd'hui les journaux ne relevant pas du secteur public. Sa ligne éditoriale basée sur une approche militante de l'information, ne lui confère pas les moyens et les influences lui faisant de gagner une place au soleil. Aucun autre média n'a vu le jour malgré la floraison de la presse écrite, y compris ceux du Web où est dégagée une certaine liberté d'action. En septembre 2007, selon une statistique officielle quelques 5000 sites Internet sont algériens. Cette fracture numérique dit long sur les retards en matière médiatique.
Aussi bien les observateurs dont certains se sont faits une spécialité qu'on désigne par « l'algériologie » que les algériens eux-mêmes se fient à croire en une malédiction qui frappe ce pays pourtant pourvu d'énormes atouts. La conjoncture transitive imparable et admise en théorie dans le processus d'évolution, est pratiquement dans une latence dangereuse à l'origine d'un énorme retard qui épuise la confiance et n'offre aucunes visions de triomphe. La richesse énergétique, pouvant permettre au pays d'être parmi les entités étatiques économiquement émergeantes, est inopérante.
L'Algérie stagne, décevant sa population et éclairant les « algériologues » que la gestion se fait dans une incurie, impunément signée par les gouvernants qui se relèvent les uns après les autres. Sans réussir la sérénité qui améliore les conditions sociales de la population malgré les considérables ressources dont dispose ce pays pour assurer son avenir et assagir son présent.
Le terrorisme qui menace ou s'attaque à plusieurs contrées du globe, sévit de manière à ne pas démentir ce « tourner en rond » fatidique, qui devient le propre à l'Algérie. Pareillement à l'Arabie Saoudite, où les connivences avec ce fléau laissent entendre des verbiages sans envergures qui confortent les exactions. L'islamisme est une option idéologique idoine à ces pouvoirs. L'entretien de l'islam politique ou la politisation de la religion musulmane offre des garanties à une longue liste de régimes arabes et musulmans.
Le nationalisme algérien impardonnable dans son aliénation, désire se régénérer sous cette matrice idéologique impopulaire. Contrairement à la Tunisie ou à l'enclavement des islamistes marocains après leur débâcle électorale de septembre 2007 pour les législatives, pour citer le parcours de ses principaux voisins avec lesquels il partage de probantes similitudes. La monarchie d'Arabie, gardienne des lieux saints de l'islam, trouve ses comptes sous cet auspice de mêler le sentiment privé et individuel de la divinité à la conduite de son autorité, plaçant donc ses sujets sous la conduite d'une « Chariaâ » des plus féodales qui puisse exister sur Terre.
Des éléments des autorités algériennes ont utilisé les mots « jeunes égarés », pour parler des terroristes, avant les saoudiens qui l'ont adopté officiellement. Une ambiguïté contradictoire laisse dire aux décideurs de ces deux exemples de pays parmi beaucoup d'autres, qu'ils sont islamistes et préfèrent appeler ce que toutes les terminologies appellent terrorisme islamiste : criminalité politique. Là, le discours du commanditaire se confond à celui du tueur, l'un et l'autre sont d'appartenance commune. Et cette médiocrité instruit le juge qui traite le méfait de porter atteinte à autrui, de perdre sa partialité et d'être en emprise, opposé aux discours de conduite.
La population répond aux normes et discours qui lui sont inculqués. Sa jeunesse adopte une dérogation qui lui est miroitée par les sataniques orientations qui continuent de lui distinguer que cet islam est religion d'Etat l'obligeant à commettre le pire. La citoyenneté religieuse prime sur toutes autres considérations. Le pays encaisse des retards immenses dans la course qu'effectuent les autres peuples dans les cadres étatiques qui les réunissent. Et l'islamisme sous ses deux versions, électoraliste et paramilitaire (terroriste) tronque tout effort de mettre au devant idéologie à l'origine du pacte social de l'harmonie.
La reconsidération du projet national pour le mettre en phase avec les conditions matérielles est aujourd'hui en questionnement. La rupture avec l'islamisme revient de plus belle au devant des idées de chaque algérien, seule la gente du pouvoir croit continuer à faire exister le legs nationaliste dans une variante confessionnelle. Le terrorisme y trouve son terreau.




