Le PCA au refus du DOM/TOM.
C’est sous Lénine, fin stratège et intellectuel, de théorèmes à portée organique pour la renversement de l’ordre établi, que se renforça la croyance en l’Etat-Nation. « Musulmans d’orient, persans et turcs, arabes et hindous…Ne les laissez plus saccager vos foyers. Vous devez être vous même les maîtres de vos pays… » (3) L’établissement de nationalités aux peuples qui en sont dépourvus, a emprunté la prescription historique qui ne se fait pas adjurée, du transit par la formation du pays donné en conformité à des modèles éprouvés « Territoire, Peuple et PPP : Perspective de Puissance publique. » Nécessité engendrée de cheminements disparates mais pratiquement postulés dans le même combat anti-impérialiste des communistes. La nationalité, avec Marx, était un regroupent universel, philosophie qui s’est traduite en une dichotomie du globe terrestre : est/ouest.
Une inestimable intuition humainement pensée, et qui ira crescendo plutôt sur un autre choix que l’Etat prolétarien unique au niveau mondial, se doit-elle aussi de comporter les anticipations des lendemains imprévisibles. Les adhésions des pays en mal d’indépendance, astreints aux mutations, sont espacées de l’époque du précurseur. L’hypothèse philosophique, comme une bouteille messagère mise à la mer, recherchait des affiliés qui sympathisent d’abord, apprécient puis pactisent pour atteindre le niveau envié de l’acteur agissant. S’il y est un dialecticien qui marqué l’humanité, c’est bien Marx qui a ambitionné le mieux une automatique et volontariste évolution de la société, révélant un destin qui a marqué le XXième siècle, bien après sa mort.
C’est même un appel à la guerre libératrice que les communistes ont lancé en se disjoignant des socialistes qui restaient sur leur froideur à la priorité de libérer les colonies. La lutte sociale qui était le socle premier du marxisme s’est emboîtée au prolongement à l’égard des colonies dont les résistances incessantes sporadiques n’ont jamais été définitivement contenues. L’autonomie se dessinait en grignotage des territoires relevant du capital qui avait plus de maîtres esclavagistes que de pédagogues de civilisation. Le PCA à l’instar de ses semblables des colonies, luttait contre l’exploitation démesurée que les colons venant avec le ventre et les poches avides de remplissage ont instauré. Ils se sont accaparés les ressources naturelles dont regorge l’Algérie, ne bénéficiait point aussi des autres privilèges des postes administratifs. L’Etat universel bénéficiait donc d’une pièce de son puzzle. « Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les partis dont la bourgeoisie possède des colonies et opprime d’autres nations doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout parti désireux d’appartenir à la 3éme internationale est tenu de démasquer impitoyablement les entreprises de « ses » impérialistes dans les colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait tout mouvement de libération dans les colonies , d’exiger qu’en soit expulsés les impérialistes nationaux, de cultiver dans les cœurs des ouvriers de son pays une attitude vraiment fraternelle à l’égard de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimées. »(4).
Partout les communistes menaient des luttes sans pouvoir dissocier les intérêts des travailleurs et des colonisés. Le travailleur s’est solidarisé du déshérité de patrie. Colonie ou pas, un même credo sans tenir compte des confins : l’intérêt de la classe prolétarienne s’est muté à être soudé avec ceux des opprimés. Inscrivant en critère désormais préalable, l’indépendance des colonies, la classe ouvrière a ouvert un front, la tâche anti-impérialiste. Dans celle-ci, au flan de la lutte locale se trouvait ce parti algérien, épris de faire communier la parole des travailleurs avec celle des colonisés auxquels l’analyse n’était pas populiste. D’où la caractéristique du PCA à jouir d’une identité convenant à la poursuite des combats de la tradition arabo-berbére dans une projection, disons, matérialiste.
Un monde nouveau, altérant le globalisant préconisé par Marx, a été mis sur rails. Non pas la prise du pouvoir par les travailleurs mais d’autonomie de territoires soumis à la rapine et à la violence. Caricatures capitalistiques, les empires coloniaux ont été démantelés sous l’impulsion de la gauche suivie du centrisme des libéraux. Les guerres qu’a merveilleusement symbolisé celle qui avait libéré l’Algérie, malgré bien des déboires sombres, ont été des révolutions du prolétariat de la paysannerie agricole. Elles ne sont pas l’œuvre exclusive de communistes, plus ancrés dans les milieux industriels ou de service souvent subalternes que dirigeant. Une double perception, de travailleurs et de colonisés, soumettait les tâches à la priorité et l’urgence. La société algérienne était agricole depuis des lustres.
Issus des syndicats très européanisés, des socialistes et des déjà persécutés en métropole, ou leurs descendants, ces travailleurs ont plus tard trouvé des liens et des connexions avec la paysannerie où se sont illustrés plus les petits propriétaires que les salariés : Tahar Ghomri (a) et Chebah El-Meki (b) ont plus fait du syndicalisme avant de se trouver confronté à la nécessité absolue : l’indépendance. Le dilemme vivant, approche et rapprochement à la fois colonisé et dans son statut social de travailleur de la terre, sort de l’idéologie ouvrière professionnellement attelée à la machine et l’urbanité. D’où la délicatesse de soutenir des fondements de modernité devant la multiplicité culturelle d’abord, plus difficilement face à ce qui est de nature différente et même impossible pour une substitution totale de psychisme, de mentalité ou de société. Il a fallu que des faits viennent corroborer la vérité de leurs actions engagées envers les opprimés, pour que ces derniers les rejoignent dans le cadre déjà opérationnel.
La montée du front populaire fut un remous, en 1936, au regard d’une prise de pouvoir qui a duré une année, qu’une option historique radicale ne pouvant reculer. Les travailleurs dans la cité capitaliste européenne et d’outre-atlantique, avaient eu sympathie des sociales démocraties dont sont issus d’une manière directe les PC. Les instruments politiques partisans libéraux que les mouvances conservatrices, dites républicaines ou à connotation confessionnelle, se sentent, au plan universelle aussi, proches des libertés. Les années 20, aux USA, ont été marquantes. Tous les pays industrialisés connaissaient des luttes ouvrières implacables, aux USA la marche, sur la maison blanche, des ouvriers de l’industrie surtout des années 20 fut la démonstration grandiose de ce combat. Cependant la question des colonies avait été en France, comme exemple d’empire colonial, le socle du 1èr congres du PCF en 1920, réplique aux instances à l’échelle universelle tenues avec Lénine et du plus récent, la même année, à Tours.
Dans les colonies, les résistances ne se faisaient point aux invasions qui dataient du siècle précédent. La lutte sociale, à armes inégales, avait la connotation d’être contre les bénéficiaires du système colonial dont la domination était disproportionnée de l’argument civilisateur. Marx, dans ses notes et lettres de son séjour en Algérie, constatait l’inconscience d’appartenance à la classe prolétaire des habitants de contrées qui n’avaient gardé de l’héritage arabo-musulman que la farniente dans la nature et la culture pittoresque. La paysannerie déphasée, regardait en subissant la férocité des accaparateurs surarmés. Ce qui démontre aussi la montée du léninisme briguant l’expansion capitaliste de ses extensions coloniales, même si cette donnée n’est pas prise en compte par les historiens du colonialisme et souvent, maladroitement, niée par ceux des indépendances.
A l’origine les sections partisanes de gauche qui existaient en Algérie étaient socialistes de
... à suivre ....
Romantisme pour les indépendances,
PRINCINCIPE DE PRECAUTION
ET COMPLEXE DE MODERNITE.
Afin de dresser la « traçabilité » du PCA, d’interpréter sa mise en activité et remémorer ses premiers pas, seule la reconstitution, toute approximative de l’époque bien lointaine peut faciliter un décryptage. Deux données paraissent essentielles : le marxisme-léninisme battait son plein et le Front National, la même année, accédait au pouvoir en métropole. Il est nécessaire aussi de faire une escale doctrinaire sans prétendre aux lumières. Prétendant d’être actualisée, quant à elle, son apport dans cette dissertation sanctionne le point de vue critique dépourvu de l’exaltation où se risquerait la présente position partisane.
La maturité de la conscience humaine, n’obéit pas mécaniquement au conceptuel théorique, heureusement. Elle le rejoint après, ce que les politologues appellent, les décantations. Elle s’y conforme par obligation que par accensions au niveau de parfaite cognition. De même toutes les idéologies recherchent dans la réalité leur encrage, différemment de la philosophie qui crée les idées pour soutenir des correctifs ou inventer le nouveau. Le communisme est écarté désormais de l’influence qu’il eut. Donc les raisonnements avancés ici, sont une véritable recherche, peut-être vaine, d’une microscopique spore égarée dans l’immensité du sable saharien. Et la critique de l’histoire du PCA, seule, ne peut être assimilée à de la nostalgie. Effectivement, qui s’en préoccupe d’un tel sujet ?
Tant que cette intervention se positionne dans la doctrine communiste et se veut critique, elle est acerbe. Elle confesse, franchement, que l’histoire de l’humanité et le communisme sont décalés l’une de l’autre. Les camarades nient et s’y détournent de la phase de consommation dans les nouveaux us des peuples, cette perception se situe vraisemblablement en marge de l’approche citoyenne. Pourtant il s’agit de la satisfaction des demandes des êtres. La considérant de loin inaccessible à la « classe sociale » du salariat qui n’est exactement pas la seule catégorie laborieuse, la consommation traduit le faste donc la richesse à portée… De tous, d’uniquement ses créateurs ou bien mieux servie aux parasitaires dans la société ; elle est une expression des ressources que peut utiliser la vie, la nature humaine et l’inéluctable aspiration individuelle.
Les avancées de l’éducation de l’humanité promettent de léguer le globe terrestre, aux populations des siècles avenirs, dans sa nature la plus propre. Qui peut être contre ? Par contre les salades vertes des écologistes, SDF par rapport à la lutte des classes, et leurs rapports ambigus au progrès scientifique, les placent loin de la quête du bien-être. Ils lui sont même contradictoires, dans la mesure où le socialisme résonne en collectivisme prospère. Sans honte et avec simplicité : matériellement l’électricité n’est pas la bougie. La conquête de l’espace ne s’imagine pas sans propulsion de véhicules et point avec du charbon. L’OGM n’a pas encore révélé le malheur dont on l’accuse, l’émotion réactionnaire se confie, peu ou proue, au sentiment du fameux principe de précaution.
La géographie prescrit les continents, et les pays sont une création humaine. Tels que nous les vivons, ces derniers sont l’accomplissement de nationalismes réduisant la fabuleuse notion de démocratie, ou les libertés du citoyen, à deux préceptes antinomiques avec le communisme tel que l’imaginaire en a idéalisé son accomplissement. Le premier est le postulat de l’Etat, supposé ne pas être une finalité de la société socialiste à l’échelle de toute l’humanité. Et le deuxième, l’erreur fondamentale de la pratique du communisme dans le monde, depuis Lénine, s’est faite sans éphéméride qui devait réduire l’action de l’Etat au fur et à mesure d’une conscience précautionneuse se constitue, mais la quelle ? Le socialisme est l’une des réponses qui met en urgence tous les efforts collectifs.
Les fonctions exorbitantes des expériences du côté des Etats socialistes qui ont existé ont été courageusement entamées par les réformes du type « glasnost et perestroïka.» Ces refontes, de création communiste, ont été initiées partout afin de réparer les égalités endommagées entre citoyens d’une même république et entre des régions du monde. Et les disparités sont de l’homme tant ce qu’est sa volonté et la concurrence innée qui anime ses forces. Nationaliste qu’internationaliste, la notion de pays, même socialiste, s’accommode du contrôle, afin d’imposer une éthique interne libérant la création personnelle sur un circuit de compétitivité. Elle a pour incarnation le vecteur de défense, envers l’extérieur, précaution phobique envers autrui puis d’escalades pour parer aux menaces. Le monde à la lecture des agressivités, est orienté vers des challenges de domination. Démocratie et oligarchie ne s’accorderont jamais, y compris la dictature autarcique du prolétariat, telle qu’elle s’est manifestée, est surannée, ne pouvant distinguer l’homme lancé dans l’inventivité.
A travers une armada d’ONG (associations) et regroupements politiques, l’Etat-Nation du côté du système libéral s’enclave aux doctrines patriotiques. Son existence l’engage, ou le fourvoiement tendancieux, dans un intelligent impérialisme qui se justifie de la protection de la communauté nationale. La pseudo « démocratie modèle » des USA qui fut le dernier système ségrégationniste à être aboli avant l’apartheid, représente parfaitement la logique d’une démocratie où des catégories vulnérables ne trouvent guère modes et possibilités pour appliquer leur droit de s’unir. Il faut dire aussi, qu’aux USA même, pour être fidèle à la réalité, le libéral représente celui qui accorde plus de liberté et s’attache moins à la prépondérance de l’Etat dans la gestion des affaires de société. Il se situe plus à gauche. La surenchère politique entre les deux variantes capitalistiques américaines est formulée autour de la sauvegarde d’un jeune pays par un régime nationaliste d’abord et surtout.
Une première mondialisation s’est opérée jadis, bien avant le marxisme, avec la généralisation de l’agriculture, naissant de la chasse et de la cueillette primitives, répondant à tous les besoins des humains. Soit le communisme primitif : toute la tribu travaillait avant et après la naissance du feu. Dès déclinaison de l’artisanat, l’exploitation des sols cultivables ne réalisait plus la masse (poids, quantité, volume) des biens à portée et répondant aux évolutions. L’utilité de nouveaux outils de travail surtout, a sous-tendu l’exigence de son perfectionnement et d’intervenir en amont de l’acte productif.
Désormais, de nos jours le dépassement du strictement alimentaire, l’exploitation agricole, certes vitale, est d’une importance moindre par rapport aux produits manufacturés, provenant des 3 règnes : minier, végétal et animalier. Ce dernier, règne animalier, fortement basé sur les technologies, doit désormais davantage à la science qu’aux surfaces exploitées, les confinements font écoles. La notion de richesse reste la même mais a changé de camp ou de secteur. Par contre la mondialisation qu’on entend sur tous les toits vise de gouverner le monde en instruisant un canevas parcimonieux qui prône une démocratie, liberté, d’accaparement des richesses.
à suivre




